Derrière les barreaux, toujours parent : préserver le lien avec ses enfants après une séparation

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L'incarcération d'un parent est une épreuve qui bouleverse l'ensemble d'une famille. Lorsque les parents sont séparés, la situation se complexifie davantage encore : le parent libre peut être tenté, consciemment ou non, de faire obstacle aux contacts entre l'enfant et le parent détenu. Pourtant, le maintien du lien parent-enfant est un droit protégé par la loi, et des dispositifs concrets existent pour le préserver.

Le droit de visite du parent détenu : une question juridique d'abord
Dès lors que les parents sont séparés, l'accès de l'enfant au parent incarcéré dépend en grande partie de la coopération de l'autre parent. Si ce dernier refuse d'accompagner l'enfant au parloir ou d'autoriser sa venue, le lien peut être brutalement rompu — non pas par la volonté du parent détenu, mais par l'inaction ou l'opposition de l'autre.
La loi n'est pourtant pas sans ressource. Le juge aux affaires familiales (JAF) peut être saisi afin de fixer les modalités d'exercice du droit de visite du parent incarcéré. Un jugement du JAF prévoyant un droit de visite s'impose au parent libre. Ne pas l'exécuter peut constituer une infraction pénale.
Si vous êtes le parent détenu et que vos liens avec votre enfant sont entravés, n'attendez pas. Saisir rapidement le juge compétent est souvent la seule voie efficace pour rétablir la situation.

Les dispositifs pratiques pour faciliter les visites
Plusieurs outils existent pour que les visites en détention se déroulent dans les meilleures conditions possibles, notamment :
Les relais enfants-parents (REP) organisent des accompagnements au parloir pour les enfants qui ne peuvent pas venir avec l'autre parent. Plus de 8 000 accompagnements d'enfants sont effectués chaque année dans ce cadre, évitant que la rupture conjugale n'entraîne automatiquement une rupture des liens parentaux.
Les établissements pénitentiaires disposant de parloirs adaptés aux jeunes enfants — avec espaces de jeux et possibilité d'apporter biberons, doudous ou poussettes — facilitent les rencontres avec les plus petits. Les enfants d'au moins 16 ans peuvent, sous conditions, se rendre seuls au parloir avec l'accord des deux parents.
Des moments de convivialité hors parloir sont également organisés régulièrement par les associations partenaires (fêtes de fin d'année, fête des pères, fête des mères), permettant au parent détenu de retrouver ses enfants dans un cadre moins formel.

Les aménagements de peine : ne pas les négliger
La parentalité est prise en compte dans certaines décisions d'aménagement de peine. La libération conditionnelle parentale et la suspension de peine pour motif familial peuvent être sollicitées, notamment lorsque le parent détenu exerce l'autorité parentale sur un enfant de moins de dix ans dont il était la résidence habituelle. Ces dispositifs méritent d'être explorés avec votre avocat.

Le soutien associatif : un appui précieux
L'AFDV — Accueil des Familles de Détenus du Vaucluse accompagne les familles et proches de personnes détenues dans leurs démarches, notamment les jours de parloir. Son équipe assure une permanence d'accueil, d'écoute et d'orientation.
AFDV — Accueil des Familles de Détenus du Vaucluse 22, rue Paul Saïn — 84000 Avignon Téléphone : 04 90 31 41 70 Permanences : du mardi au samedi de 8h à 18h 


Votre situation nécessite un accompagnement juridique personnalisé ? Notre cabinet est à votre disposition pour vous conseiller sur l'exercice du droit de visite, la saisine du juge aux affaires familiales et les aménagements de peine envisageables.

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